Une annonce récente du gouvernement de l’Ontario confirme que EpLink – le programme de recherche sur l’épilepsie codirigé par le président d’Épilepsie Canada, le Pr McIntyre (Mac) Burnham, Ph. D. – continuera d’être financé jusqu’en 2018. EpLink est une initiative majeure de l’Institut ontarien du cerveau, qui a appris la nouvelle de la prolongation du financement en mars de cette année.
Le programme EpLink est unique au Canada; il regroupe vingt-cinq chercheurs (à l’œuvre dans neuf hôpitaux et universités en Ontario), cinq partenaires de l’industrie et cinq groupes de pression à but non lucratif. Ce programme mettra à la disposition des parties intéressées deux millions de dollars de plus par année pour la recherche. « Grâce aux commentaires reçus de la part des organismes qui défendent les intérêts des patients, nos recherches tiendront encore mieux compte de problèmes bien concrets », souligne le Pr Burnham.
Le Pr Burnham partage la responsabilité de la direction du programme avec le Dr Jorge Burneo de London, en Ontario. Il espère que l’influence d’EpLink s’étendra bien au-delà des frontières de la province et constituera un modèle pour les autres gouvernements provinciaux.
De par sa nature même, le programme EpLink vise des applications pratiques. Bien que les recherches qui lui sont associées impliquent des travaux scientifiques de pointe, il vise essentiellement l’amélioration, dans un avenir rapproché, des soins cliniques offerts aux personnes épileptiques. Pour ce faire, EpLink fait équipe avec des partenaires du monde des affaires, car leur soutien est indispensable pour raccourcir le cycle des nouvelles découvertes du laboratoire au chevet du patient. EpLink s’est aussi associé avec des organismes à but non lucratif œuvrant dans le domaine de l’épilepsie à l’échelle régionale ou provinciale en Ontario.
Les projets de recherche financés par le programme EpLink couvrent presque toutes les facettes des soins prodigués aux personnes épileptiques. Ces travaux se répartissent entre six volets : 1) Épidémiologie et diagnostic, 2) Contrôle médical des crises épileptiques – pharmacologique, 3) Contrôle médical des crises épileptiques – non-pharmacologique, 4) Imagerie en vue d’une chirurgie, 5) Chirurgie et stimulation, 6) Génétique et épigénétique. Il est impossible ici de décrire chacun des projets, mais la présentation de quelques-uns d’entre eux permettra de mieux faire comprendre l’ampleur et la qualité du programme EpLink.
Sous le volet Épidémiologie et diagnostic, par exemple, la Dre Michelle[D1] Shapiro effectue à Hamilton des tests afin d’établir si des EEG prolongés permettront de diagnostiquer l’épilepsie dès la première crise; à London, le Dr Jorge Burneo tente d’évaluer le nombre de patients qui deviennent épileptiques après un traumatisme cérébral et, à Toronto, la Dre Elizabeth Donner étudie l’occurrence de la mort subite inattendue en épilepsie et les facteurs de risque qui lui sont associés.
Le volet Contrôle médical des crises épileptiques – pharmacologique a trait au développement et à l’administration de médicaments. À Toronto, le Pr McIntyre Burnham, par exemple, s’intéresse aux tests précliniques des médicaments en lien avec le régime cétogène alors que le Dr Peter Carlen travaille sur l’administration de benzodiazépines à travers les muqueuses pour traiter les crises convulsives en série.
Le volet Contrôle médical des crises épileptiques – non-pharmacologique regroupe des projets fort variés. À Hamilton, le Dr Gabriel Ronen effectue des tests en vue de déterminer si l’exercice physique peut mieux contrôler les crises épileptiques. À Ottawa, la Dre Sharon Whiting étudie l’efficience de la thérapie diététique – un traitement qui devrait être davantage utilisé. À Toronto, la Dre Elizabeth Kerr cherche à établir si un programme de formation automatisée peut améliorer la mémoire à court terme des enfants atteints d’épilepsie – une étude qui pourrait être la première d’une série de projets de recherche axés sur les comorbidités de l’épilepsie.
Les interventions chirurgicales constituent le seul traitement vraiment curatif pour l’épilepsie; les succès de plus en plus nombreux enregistrés dans ce domaine sont largement imputables aux améliorations apportées à l’imagerie non invasive. Le volet Imagerie en vue d’une chirurgie est l’un des plus avant-gardistes du programme Eplink sur le plan de la technologie. De nombreuses études portent sur l’IRM et le MEG. À London, Rob Bartha, Ph. D., utilise, pour des patients chez qui une IRM 3T a déjà été pratiquée, un système IRM 7T dans l’espoir que cette technologie plus puissante permettra d’identifier des anomales structurelles qui n’auraient pas été décelées préalablement. Terry Peters, Ph. D., et Ali Khan, Ph. D., également à London, tentent de fusionner des techniques d’imagerie multispectrale en vue de créer un atlas des tissus cérébraux épileptogènes en vue d’aider les chirurgiens dans leurs interventions. À Toronto, Douglas Cheyne, Ph. D., et le Dr Hiroshi Otsubo cherchent à combiner le MEG et l’IRM en vue d’une localisation plus précise des pointes intercritiques. Quant à Sam Doesburg, Ph. D., et au Dr Carter Snead, en poste à l’Hospital for Sick Children, ils dressent la cartographie de la connectivité des réseaux épileptogènes.
Le plus gros projet dans le volet Chirurgie et stimulation a trait au développement de systèmes informatiques en vue de dépister l’avènement des crises épileptiques et de supprimer ces crises à l’aide d’une stimulation du cerveau. C’est ce sur quoi travaillent le Dr Peter Carlen, le Pr Berj Bardakjian et le Pr Taufik Valiante à la Toronto Western Hospital. Des études connexes sont effectuées à l’Hospital for Sick Children par Jose Luis Perez-Velazquez, Ph. D., et le Dr Hiroshi Otsubo. D’autres projets ont trait au monitorage des effets des interventions chirurgicales sur la qualité de vie (Mary Lou Smith, Ph. D.) et à la prévision, chez les patients épileptiques, des défauts de mémoire pouvant être causés par des interventions chirurgicales ( Mary Pat McAndrews, Ph. D.).
Génétique et épigénétique est le volet qui se rapproche le plus de la « science fondamentale ». Les résultats pratiques issus de ces études peuvent ne pas être visibles avant bien des années, mais leur impact n’en sera pas moins très important. À Toronto, la Dre Danielle Andrade, par exemple, étudie la génétique de l’épilepsie temporale héréditaire[D2] et Michael Poulter, Ph. D., les profils de méthylation dans les foyers épileptiques prélevés chirurgicalement. Jose Luis Perez-Velazquez, Ph. D. et le Dr Carter Snead se penchent sur la fabuleuse possibilité que l’enrichissement de l’environnement maternel empêche le développement du phénotype du syndrome de West chez des animaux de laboratoire.
Les personnes qui voudraient en savoir plus peuvent faire parvenir un courriel à Kathryn Hum, Ph. D., gestionnaire du projet EpLink, à eplink.obi@gmail.com ou consulter le site Web d’EpLink au www.eplink.ca.
No comments:
Post a Comment